Quand les mots se connectent au cœur | HMVQ#7
- 25 déc. 2024
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 janv. 2025
Ces derniers mois de l’année amènent une ambiance différente que le reste du temps. A part de travail à terminer avant les vacances, l’organisation des voyages et de la réunion de la famille, des plannings pour l’année prochaine, etc. Ça arrive aussi des voyages dans le passé guidés par des pensées nostalgiques. Ce sont une révision de ce que l’on a fait dans l’année, ce que l’on a gagné et perdu, afin de réfléchir de soi-même et à la vie. J’en ai en ce moment et je les dédie à mon chemin d’apprentissage de la langue française. Cette année, ça fait presque 10 ans que j’ai habité en France, une aventure culturelle pleine d’aussi beaux souvenirs que les tristesses. Dans cette écriture, je vais vous raconter des histoires qui m’ont appris des leçons de vie, quelque émotionnel que ce soit.

Des mots simples et courants ..
Au tout début, avant de venir en France, je prenais 2 cours de français de niveau débutant, en espérant que je puisse faire des conversations quotidiennes à l’arrivée, à côté de bon niveau d’anglais qui m’assurait déjà une moyenne minimum de communication. Je commençais à apprendre avec 3 mots que j’avais l’habitude d’utiliser en vietnamien, ce sont : Bonjour, Merci et Désolé. C’est parce que je crois que c’est mieux de rester poli, de tout temps comme je ne savais pas comment bien utiliser la nouvelle langue. Imagine un moment, si je dis quelque chose qui n’est pas très jolie ou qui ne correspond pas au contexte de parler, on me jugera moins gravement quand je resterai poli, sincèrement. Si je fais des erreurs et je les reconnais en disant « désolé », j’aurai moins de risque d’être puni instantanément. Finalement, les mercis seront utiles à calmer les gens qui râlent facilement. Beh, plus ou moins, c’est raisonnable, car ces 3 mots sont régulièrement utilisés dans la vie quotidienne, quel que soit la culture. En plus, quand un étranger comme moi qui ne parle pas toujours correctement la langue ou ne fait pas des bons gestes au bon moment, l’utilisation de ces mots l’aide à rester correcte et poli, donc son image sociale est préservée. Malgré la préparation avec soi, des surprises trouvent toujours sa façon d’ajouter des épices dans la vie. Les premièrs mois en France, en 2016 à Paris, c’est quand une leçon commencait. Il y avait un moment où je me trouvais perdu dans une grande station de métro ayant nombreuses connections avec des trains, des tramways et des bus. En conséquence, mon cerveau déclenchait rapidement le mode panique, et naturellement, je cherchais une aide d’une personne dans l’entourage. J’attirais l’attention d’une sécurité en lui parlant directement de mon problème et en demandant une direction de navigation. Pourtant, le monsieur se mettait en face de moi et insistait à dire un seul mot en plusieurs fois : « Bonjour ! BONJOUR !! ». Et voilà, je comprenais vite son message. Il ne voulait pas me répondre sans moi avoir dit « Bonjour » en retour, avant tout. Le prix est bas pour cette leçon, mais pour bien 8 ans qui suivent, il n’y a que les Français (quelques uns) qui ont oublié de me saluer avant de commencer la conversation, pas moi. Je te jure !
Pour bien 8 ans qui suivent, il n’y a que les Français (quelques uns) qui ont oublié à me saluer avant de commencer la conversation, pas moi.
La politesse en France est connue comme ça. Mais tiens, c’est à peu près identique au Vietnam et bien ailleurs. Peut-être, le fait que je m’habitue à un lieu natal et à une langue maternelle chez moi me rend beaucoup moins d’attention à des cas graves dans lesquels la politesse n’est pas respectée. Pour l’info, mon nom en vietnamien veut dire « La politesse élevée dans son âme ». Ça serait ironique pour moi de vivre une vie qui est au contraire du sens de mon nom, n’est-ce pas ? J’imagine que si je suis dans une situation mortelle et que je fais un appel à 17, je dirai toujours bonjour dès qu’ils décrocheront avant crier à l’aide. Bon, c’est un peu exagéré comme un contexte mais tu vois ce que je voulais dire. En bref, il est vrai que la formalité devrait être établie entre des personnes, surtout les inconnues. Encore plus important pour les gens qui se trouvent à l’étranger hors de chez eux, de savoir faire et de pratiquer des bons réflexes culturels sont la clé d’éviter des surprises défavorables.
.. qui ensuite se transforment à la liason humaine
Jusqu’à hier, je me suis rendu à la pharmacie et une observation a été retenue dans ma conscience. Je remarque que, je ne sais pas depuis quand, j’arrive à faire une grande différence dans des conversations en français avec des natifs. Quand l’achat était terminé et je commençais à partir, comme d’habitude, je dis « Merci et Bonne journée ! ». Ce qui arrivait par la suite était ouf. Un retour si sincère et souriant (et oui, il y avait vraiment une souris) de la pharmacienne « Bonne journée à vous aussi ! ». C’est la qualité de ses paroles, de son intonation et de son expression du visage qui m’étonnait. J’ai l’impression de voir un vieux compagnon qui veut me souhaiter une bonne route de départ loin de son soin. Ce Happy Ending en fait vient de ce qu’on s’échangeait à toute à l’heure. Je lui signalais en avance que ma carte mutuelle en papier a été expirée et j’avais besoin de lui montrer la version numérique qui est bien à jour. Elle me demandait à lui envoyer par courriel. Je le ferais tout de suite mais elle ne l’a pas bien reçu. Puis, elle indiquait que le réseau mobile là-bas n’était souvent pas bon. Je me suis déplacé vers l’entrée quand je voyais l’indicateur de signal qui était très bas sur le téléphone, et le petit problème a été rapidement réglé. Tout s’est bien passé grâce à l’effort des 2 côtés, peu importe que le problème soit à cause de quoi ou d’où il vienne. J’ai la gratitude pour sa collaboration efficace et humaine. Le moment où j’ai dit merci, je ne pensais pas trop à tout ce qui se passait. J’en réfléchissais plus tard quand je suis rentré chez moi. Récemment, j’ai fait une transformation remarquable dans l’apprentissage du français, comme je peux m’exprimer librement et clairement, malgré la prononciation influencée et des erreurs dans la structure des phrases. Surtout, c’est le réflexe de parler couramment la langue qui compte. Je n’ai plus de stress que je mettais dans chaque parole quand j’ouvrais la bouche, qui pourrait souvent stresser également la personne avec qui je parlais. Ceci était un problème depuis le début, à Paris. Je voulais poser des questions sur la facture de loyer (dans une résidence universitaire) parce que je n’avais pas tout compris des charges et des calculs étranges. Le personnel avec qui j’ai rencontré a mal réagi à ma demande. Il pensait que je venais l’accuser de voler l’argent ou d’un abus de situation. En conséquence, il était en colère contre moi, sans savoir que je ne comprenais pas pourquoi il l’était. J’étais même étonné et je restais sans voix pour un moment gênant. Si j’étais qui je suis à présent, je corrigerais tout de suite son acte de passer ses neufs sur moi. En vrai, j’étais trop naïf, trop doux que je l’ai laissé tomber. Pire, en rentrant avec les questions que je n’étais pas capable de répondre, je continuais à m’interroger si j’étais malpoli quelque part ou si j’étais la cause de toute cette merde.
Dès que je dis le mot Merci, un sentiment de gratitude me touche et me donne envie de le transmettre à la personne qui mérite la reconnaissance, avec le cœur, en profondeur.
Pas seulement la joie de parler que j’ai obtenue, mais aussi un lien humain entre la langue et les émotions a été établi en moi. Dès que je dis le mot Merci, un sentiment de gratitude me touche et me donne envie de le transmettre à la personne qui mérite la reconnaissance, avec le cœur, en profondeur. Dans la vie, on n’est pas de bonne humeur tous les jours pour donner notre meilleur à tout le monde qu’on rencontre, ou au moins, c’est la meilleure condition qu’on souhaite en général. Sinon, personnellement, j’essaie au minimum de commencer une conversation avec une bienveillance, parce qu’on ne sait pas toujours bien l’état d’esprit de la personne avec qui on parle. La bienveillance va assurer que tout se passera bien, ou autrement dit, moins mauvais. À long terme, il y aura souvent des récompenses qui arrivent à ceux qui ont donné l’effort quand on s’y attend le moins. Prend mon histoire comme un exemple. Pendant les courts séjours chez la mère de mon copain, comme je parlais très peu le français à ce temps-là, je n’ai pu que faire des échanges simples avec elle. À côté, je garde toujours une habitude de saluer et de faire des petites conversations avec tout le monde tous les matins quand on se voit la première fois dans la journée. Grâce à ça que la mère a une bonne impression de moi, même si on ne se comprend pas toujours bien. Et bien des années plus tard, elle garde à chaque fois une grande patience et un amour compatissant pour moi afin de s’arranger des choses ensemble, y compris le cas le plus simple, de manger ensemble et même des conflits entre moi et sa famille. C’est un geste d’affection que j’apprécie beaucoup. En plus, ça vient d’un rôle de parent qui m’a bien aidé à m’intégrer dans la belle famille.
-- A propos de Histoire de ma vie quotidienne : une mini série des histores qui raconte les choses que j’experience tous les jours, souvent liées à l'aspect moral et j'ai envie de dédier un espace pour honorer les beaux gestes et la gentillesse dans la vie. Une jolie fleur peut faire briller une nouvelle journée pour une ou plusieurs personnes dans ce monde de fous. Personne ne peut enseigner la moralité à quelqu'un d'autre, mais nous avons toujours le choix d'être aussi gentil que possible. Je vais aussi raconter en 3 langues (vietnamien, anglais et français) pour avoir des perspectives multiculturelles parce que c'est l'environnement dans lequel je vis (un vietnamien habitant en France et aimant parler anglais 😁).



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